dimanche 1 mars 2009

Nouvelle adresse : www.themediatrend.com/wordpress/

Media Trend adopte la plateforme Wordpress, qui offre une plus grande souplesse et de plus grandes possibilités, en particulier dans la gestion des archives. Mais Blogger n'a en rien démérité et s'est révélé à l'usage robuste et pratique. Ce changement à une conséquence désagréable. Tous ceux (et toutes celles) qui avaient intégré ce blog dans leur blogliste, ou s'étaient abonnés au flux RSS, sont obligés de modifier l'adresse ou de se réabonner à la nouvelle adresse :


Rendez-vous donc à cette nouvelle adresse, avec un nouveau post sur la fin émouvante du Rocky Mountains News, et de nouvelles rubriques en particulier l'almanach qui suit les principales informations concernant la presse et les médias.

samedi 21 février 2009

Media Trend : travaux de printemps

Pendant une dizaine de jours, Media Trend entre en hibernation. À cela une raison simple : un changement de plateforme. J'ai décidé d'adopter Wordpress, qui offre une plus grande souplesse que Blogger (Blogger demeure extrêmement séduisant par sa simplicité d'usage). Passer de l'un à l'autre n'est guère compliqué, mais quelques réglages sont à faire (par exemple reclasser les posts dans des rubriques/archives). Surtout, je voudrai utiliser de manière systématique de nouveaux outils, comme Dipity, Apture ou encore Wordle (liste non limitative), car ce blog est aussi un lieu d'expérimentation. Au 2 mars donc.

vendredi 20 février 2009

Télévision : comment sortir de la dictature de l'émotion ?

La vidéo montrant la mort du guide italien Federico Campanini, sur l'Aconcagua, est terrible. Elle nous fait assister à l'agonie d'un homme. Et pour que la tragédie soit complète, il meurt entouré de ses sauveteurs. Ce fait divers terrible pose la question du mode de traitement de l'information. La télévision, prisonnière de son format, privilégie l'émotion.

La vidéo pose toute une série de questions sur le plan de l'information, et tout d'abord fallait-il la diffuser? La question a été tranchée par le père de la victime. C'est lui qui, ayant reçu anonymement le document, a décidé de le diffuser, et parallèlement de porter plainte contre l'équipe de secouristes.

Dès lors qu'une vidéo de ce type est mise en ligne, elle est copiée, diffusée, regardée, et reprise par les médias mainstream, qu'il s'agisse des sites d'information ou des télévisions. Ce sera le cas en premier lieu en Argentine, où l'événement suscite une émotion considérable [voir par exemple les sites du journal argentin La Nacion ou celui du chilien El Mercurio]


L'histoire devait être reprise par France 2, pour son journal de 20 heures. C'est ici que se met en place la "fabrique de l'émotion".

Le montage de France 2 (durée 1mn 31)


Un traitement volontairement dépassionné
Comme on le voit, le traitement se veut classique : 

• 40 secondes pour exposer les faits et expliquer ce que l'on voit sur la vidéo, 
• 10 secondes environ pendant lesquelles sont traduites (par un autre journaliste) quelques phrases prononcées prononcées par les sauveteurs durant l'intervention
• 10 secondes pendant lesquelles le le journaliste responsable du sujet reprend la main pour expliquer que le père de la victime veut porter plainte
• 15 secondes avec le père expliquant pourquoi il a décidé de porter plainte de diffuser la vidéo.
• séquence finale avec la photo du jeune guide. 

En fait, en dépit du ton volontairement dépassionné et du traitement quasi-clinique qu'adopte le journaliste [sauf pendant la phase "traduction" où le ton est plus véhément], nous sommes en pleine dictature de l'émotion, pour deux raisons principalement:
 
• ce que nous voyons c'est l'agonie d'un homme que ses secouristes maltraitent (ils le tirent avec une corde comme une bête…) et injurient. L'émotion que nous ressentons tient en l'événement lui-même, au fait que nous avons l'impression de vivre ce drame en quasi-direct (alors qu'il s'est déroulé une dizaine de jours auparavant) et enfin au sentiment de totale impuissance que nous ressentons en temps que spectateur. 

La force des images ici subjugue tout commentaire. Il faut regarder plusieurs fois la vidéo, pour analyser et comprendre ce qui est dit par le commentateur. 

• Le commentaire est totalement biaisé, ce qui ne fait que renforcer la charge émotionnelle : il est —sous une apparence purement descriptive— entièrement à charge contre l'équipe de secours. Le téléspectateur n'a, en effet, aucune information sur les conditions réelles du sauvetage, sur le contexte dans lequel s'est déroulé l'expédition italienne et ce qui l'a menée à sa perte. 
 
Voici quelques uns de ces éléments contextuels

L'hiver austral est la grande saison d'escalade dans le massif andin et particulier sur l'Aconcagua. Les cordées s'y succèdent et comme sur l'Everest, les exploits les plus incongrus s'y accomplissent : le 16 décembre, un enfant de 10 ans devient le plus jeune vainqueur de ce sommet; en janvier ce sont 4 militaires colombiens unijambistes qui réalisent cet exploit; ils sont suivis par un Italien qui se déchausse au sommet (par - 5°) pendant 20 minutes pour célébrer son saint favori! 

Parallèlement, les morts s'enchaînent : quatre pour le seul mois de janvier, sans compter celles de Federico Campanini et d'une de ses clientes. [lire ici les conseils d'un tour operator spécialisé]

• Le groupe de Campanini s'est perdu pendant une tempête et a erré pendant 3 jours par des températures de 25° et des vents de plus de 70km/h, pratiquement sans manger et sans boire et sans pouvoir s'abriter. 

• Les secours ont été organisés avec un important déploiement de moyens puisque les 3 survivants ont été récupérés par un hélicoptère. Quant à l'équipe de secours elle était composée de 3 volontaires et de 2 policiers. 

• En raison de l'émotion suscitée, les policiers ont été suspendus, une enquête lancée par la justice et une réflexion engagée sur les moyens dont disposent les secouristes. [lire par exemple les développements sur MDZ.com, le site du quotidien de Mendoza, la ville qui se trouve au pied de l'Aconcagua, ou Clarin]

• Le sauvetage en haute altitude pose des problèmes particuliers comme l'explique dans leurs commentaires, des internautes sur différents sites comme Le Post. Ils expliquent par exemple qu'il est quasi impossible à 4 hommes d'en porter un autre…

Revenir aux règles classiques du journalisme
Sortir de la fabrique de l'émotion, impose donc de revenir à des règles classiques de journalisme: s'interdire le document brut et s'obliger à le contextualiser et à en traiter toutes les facettes. Cela exige un réel effort pour un média [la télévision] où —qu'on le veuille ou non— tout est construit autour de l'audimat, c'est-à-dire tout est construit pour capter et retenir l'attention du téléspectateur. Une mécanique dans laquelle l'émotion est un puissant ressort. Une mécanique renforcée par les contraintes de temps (ici, une minute et demi!)

Cette attention à la "forme" est d'autant plus importante, que le média télévisuel impose un mode de consommation de l'information fermé. Le téléspectateur est en quelque sorte prisonnier de ce qu'on lui montre et de la manière dont on lui montre. À l'inverse d'Internet (média "ouvert"), il n'a pas accès à des ressources documentaires complémentaires, ne peut pas confronter des points de vue différents (les commentaires des internautes, par exemple) ou stopper l'image [même si techniquement c'est possible] comme le permet naturellement le web.

lundi 16 février 2009

Média-paranoïa : Candide au pays du journalisme

Tous deux sont issus des meilleures écoles, dont le CFJ. Tous deux ont accédé à d'importants postes de responsabilités, l'un à la tête de Libération, l'autre comme présentateur du 20h de France 2. Tous deux viennent d'écrire un livre, dont la caractéristique commune est  d'ignorer Internet et son impact sur l'univers médiatique. Première lecture: Média-paranoïa, par Laurent Joffrin. À suivre: "Vous subissez des pressions?", par David Pujadas.

Laurent Joffrin entend s'attaquer dès la première ligne de Média-paranoïa à ce "mal qui mine les démocraties modernes", la critique des médias, "mise en question légitime [qui] a souvent dégénéré depuis une dizaine d'années en rejet indistinct de l'ensemble des organes d'information, en défiance systématique à l'égard des télévisions, des radios, des journaux, en un credo complotiste et agressif, en une nouvelle forme de poujadisme sémiologique et branché, bref en média-paranoïa".

Qui sont ces journalistes, universitaires et militants qui dénigrent le journalisme?
Bigre, un "rejet", un "complot", un "poujadisme"… Peut-être pourrait-on suivre Laurent Joffrin dans son analyse et dans sa volonté de "défendre le journalisme", s'il donnait quelques biscuits à son lecteur. Or, les rations sont maigrelettes.

En effet, alors que l'on pourrait s'attendre à une analyse fine, chiffrée et documentée expliquant pourquoi le journalisme souffre d'une "réprobation générale", l'auteur n'offre en retour que des généralités. Quant aux "rédacteurs d'articles réguliers de dénigrement de leur propre métier", aux "auteurs universitaires décidés à discréditer une profession concurrente, le journalisme", aux "militants qui usent de la critique des médias pour faire avancer leurs thèses", bref tous ceux qui alimenteraient la paranoïa, ils restent plongés dans un profond anonymat.

L'objectivité, un débat que l'on pensait dépassé
Entraîné dans sa défense et illustration du journalisme, Laurent Joffrin nous replonge dans des débats que l'on pensait dépassés comme celui sur l'objectivité. Par exemple, écrit-il, on peut critiquer, analyser le discours journalistique "à condition de ne pas faire prendre un compte-rendu honnête des événements pour un morceau d'idéologie pure, comme s'il n'y avait aucun critère de vérité possible, comme si la traduction candide et sans arrière-pensée du 'morceau du réel' que constitue un événement était impossible." 

Or, ce type d'objectivité "candide et sans arrière-pensée" n'existe évidemment pas, car le journaliste est à un niveau à un autre toujours impliqué dans un événement, qu'il possède sa propre grille d'analyse et de décryptage, sa culture, etc. Sa prise de distance pour réelle qu'elle soit sera donc toujours relative. 

Dans le même ordre d'idée, se contenter de relater les faits, de "coller les morceaux du réel", comme dit L. Joffrin, est insuffisant comme l'écrit si bien Ryszard Kapuscinski, dans Autoportrait d'un reporter : "En me préparant à écrire Imperium, j'ai relu tous les livres de nos anciens reporters [polonais]. À l'exception de quatre exactement (…) ils m'ont déçu, car ils ne proposent aucune analyse, aucune réflexion. Ils se contentent de décrire les événements : le garçon de café est sale, la voiture est tombée en panne. Pourtant, toute description factuelle engendre la réflexion."

Deux propositions sur trois méritent discussion
Si l'on ne peut que saluer, la proposition de Laurent Joffrin de voir les journalistes prendre "eux-mêmes leurs affaires en main", deux des trois propositions qu'il avance à la fin de son ouvrage méritent discussion. 

• La première, non contestable, est l'adjonction d'une Charte déontologique dans la convention collective, une proposition qui a été en quelque sorte "actée" par Nicolas Sarkozy le 23 janvier 2009, à la suite des États Généraux de la Presse Écrite, mais qui fait aussi partie des 14  propositions des Assises du Journalisme qui se sont tenues le 20 janvier 2009 à Paris

• La deuxième porte sur un "resserrement des critères d'attribution" des aides à la presse, pour en "exclure la presse de pure distraction ou très spécialisée". La question avait été évoquée lors des États Généraux de la Presse Écrite (par le biais de taux de TVA différenciés) et la proposition écartée, car difficile à mettre en œuvre: comment définir la presse de pure distraction ou très spécialisée? Quels en seraient les critères précis, juridiques ? Et puis plus fondamentalement, cela signifierait qu'il existe une presse "noble", seule digne d'être aidée par l'argent public [ce qui soulève encore d'autres questions sur l'indépendance, etc.] et une presse "vulgaire", "commerciale".

• La troisième porte sur l'idée d'étendre "les pouvoirs de la Commission de la Carte [CCIJP] en lui donnant un droit d'expression publique et (peut-être) un droit de sanction sur les manquements les plus criants". Cette proposition est en net recul sur le consensus qui s’était dessiné lors des Assises du journalisme en faveur "d’une instance de médiation tripartite, comprenant des représentants du public". Cette instance, un Conseil de Presse pour l'appeler par son nom, permettrait notamment que les conflits d'ordre déontologique ne se règlent plus au sein de la profession. 

• Média-Paranoïa, par Laurent Joffrin, Paris, Seuil/Presses de Sciences Po, 2009, 132 pages, 14 euros.

mercredi 11 février 2009

Forums de discussion : "On essaie d'intéresser les journalistes, mais ça ne marche pas"

"Le constat est sans appel : les forums de discussion et plus largement l'interactivité n'arrivent pas à trouver leur place au sein des rédactions (…) J'ai pu constater un manque d'implication et un désintérêt criant de l'ensemble des membres des rédactions web et papier du Monde, de Libération et du Figaro à l'égard des forums". Les conclusions de Sophie Falguères, dans son livre Presse quotidienne nationale et interactivité, sont rudes et devraient inviter à la réflexion tous les journalistes.


Sophie Falguères est sociologue. Elle a travaillé pendant trois ans, de septembre 2003 à septembre 2006, sur les forums de discussion associés aux sites des trois principaux quotidiens nationaux, Le Monde, Le Figaro et Libération. Presse quotidienne nationale et interactivité: trois journaux face à leur public, et la publication de ce travail de thèse.

Depuis la fin de l'enquête, de nouveaux espaces de prise de parole ont été créés
Certes, son constat est pour partie daté et il y a toujours le risque en regardant le miroir du passé de ne pas tenir compte des évolutions qui se sont produites. Deux ans et demi, ce n'est pas rien sur le web!

Sophie Falguères en convient, puisqu'elle a noté depuis la fin de son travail de terrain, un glissement du "forum au participatif" et l'apparition de "nouveaux espaces de prise de parole [qui] vont dans le sens d'un rapprochement, d'un échange entre les membres des journaux et les internautes". Ce sont, par exemple, les chats et les blogs de journalistes, qui se comptent désormais par dizaines sur ces sites.

Il faut les distinguer d'autres outils, comme les espaces communautaires,  Mon Figaro et Libé+, lancé respectivement par Le Figaro et Libération, ou celui qu'offre Lemonde.fr à ses abonnés, qui sont dans la continuité des "forums" étudiés par S. Falguères.

La modération des forums se fait hors de la rédaction
Sans revenir sur le détail de l'enquête proprement dite [on en trouvera les grandes lignes présentées en 2007 sur le site de l'Observatoire des Médias], on ne peut qu'être saisi à la lecture par la profonde séparation qui existe entre les forums et les rédactions web et papier.

Cette séparation est d'abord physique, c'est-à-dire que la modération des forums se fait hors de la rédaction. C'est le cas au monde.fr où les modérateurs travaillent à leur domicile et ne sont pas salariés du site. "Cette rupture, écrit S. Falguères, met à distance les modérateurs du reste de la rédaction, en leur signifiant qu'ils ne sont que de simples exécutants et que leur travail de maintenance et de suivi des forums n'a rien à voir avec du journalisme."

Un travail trop dégradant pour un individu possédant une carte de presse
À Libération, lorsque "le" journaliste chargé de modérer les forums, s'est lassé après 3 ans d'activité, personne n'ayant voulu prendre son relais [Sophie Falguères: un journaliste du papier, muté au service web a refusé de le seconder car il "jugeait ce travail trop dégradant pour un individu 'de 40 ans, père de famille, possédant une carte de presse et travaillant à Libération depuis plus de 10 ans' "], la modération a également été sous-traitée, tout comme elle l'est depuis le début au Figaro.

Cet coupure a pour conséquence d'éloigner les rédactions des forums. Stéphane Mazzorato, responsable des forums du Monde [cité par S. Falguères] explique: "Les gens de la rédaction du Monde.fr, les journalistes, éditeurs ne vont pas sur les forums, ne connaissent pas cet univers qui leur est totalement étranger…" Même constat désabusé fait par l'autre responsable, Michel Tatu: " Avec la rédaction papier on est très éloigné, on essaie d'intéresser les journalistes mais cela ne marche pas."

À Libération, le passage à la sous-traitance n'est pas anodin
L'étanchéité entre forums et rédaction mais aussi désintérêt de la part des rédactions sont semblable au Figaro et à Libération. Ces phénomènes étant encore accentués encore par le fait que la gestion soit gérée par un sous-traitant. Pour Libération, le passage à la sous-traitance n'est pas anodin, explique S. Falguères : "Les forums de discussion perdent [avec la sous-traitance] une des propositions fortes de leur contrat de participation: la volonté d'en faire une interface entre les libénautes et les membres du journal."

Le hiatus qui se crée ainsi dans les trois sites observés est d'autant plus regrettable, que les forums sont particulièrement intéressants "en termes de compréhension, de fidélisation et d'extension d'un lectorat, de création de publics."

Les journalistes cherchent leur légitimité en priorité auprès de leurs pairs et non du public
Comment expliquer ce désintérêt —voire cette hostilité— de la part des journalistes vis-à-vis des forums? Pour Sophie Falguères, c'est la persistance d'une situation déjà observée par Philippe Schlesinger* et Rémy Rieffel** : "Les responsables de rédaction et les journalistes qu'ils appartiennent à la presse écrite ou à la sphère télévisuelle, n'étaient guère disposés 'à recevoir le feed-back des récepteurs' ne considérant que comme un auxiliaire de légitimité, qu'ils cherchaient prioritairement auprès de leurs pairs." 

Bref, la parole des lecteurs apparaît comme un objet "indigne" et, pour qu'elle le soit vraiment, des stratégies de décrédibilisation sont engagées. Elles le sont d'autant plus facilement, que les forums se placent dans la continuité du "courrier des lecteurs" [le feed back des récepteurs], vis-à-vis duquel écrivait Rémy Rieffel (en 1984), le jugement des journalistes est "globalement négatif". 

Des stratégies pour décrédibiliser la parole des lecteurs
Pendant ses 2 mois de présence à Libération, Sophie Falguères constate: "Les journalistes et leurs responsables ne manquent pas de relever la qualité médiocre et le caractère inintéressant des contributions reçues [des internautes]." Cette question de la qualité, centrale pour décrédibiliser la parole des lecteurs, se double [pour les journalistes] d'une méconnaissance de l'Internet [l'information n'y est pas fiable, etc.].

Cette photo —noire— n'est pas figée. La recherche d'une meilleure interactivité entre les journalistes et leur public est engagée par les trois journaux (et sites) visés par cette étude. Elle est partie intégrante du projet éditorial du Post, de Rue89 (porté par d'anciens journalistes de Libération, qui avaient perçu l'importance de cette interactivité) et s'est développée sur 20mn.fr notamment et le sera sans doute sur Slate.fr, si l'on en croit les professions de foi de ses responsables. 

L'interactivité, un moyen pour les journalistes de se re-légitimer ?
Mais ici, Sophie Falguères s'interroge: les responsables des sites participatifs ne cessent de rappeler qu'ils ne demandent pas aux internautes de devenir journalistes, que ce métier a des règles, nécessite des compétences et une formation. Avec un tel discours, quel sens à le recours à la participation des internautes, au développement de projets participatifs et coopératifs entre professionnels et amateurs de l'information ?

Sophie Falguères y voit "un moyen pour les journalistes de chercher à se re-légitimer, de montrer qu'ils sont indispensables et de redéfinir les frontières de leur profession." 

Notes
* Philippe Schlesinger, le chaînon manquant. "Le professionnalisme et le public", in
 Paul Béaud, Pascal Flichy, Dominique Pasquier, Louis Quéré (dir.), Sociologie de la Communication, CNET Paris, 1997.
** Rémy Rieffel, L'élite des journalistes. Les hérauts de l'information, PUF, Paris 1984.

• Presse quotidienne nationale et interactivité ; trois journaux face à leurs publics, par Sophie Falguères, Presses Universitaires Blaise Pascal, 335 pages, 30 euros.